Par Christophe Guillemin ZDNet France 10 avril 2007
Technologie - Le passage à l’émission de programmes en numérique doit
démarrer à l’automne. Il concernera des zones où il existe une pénurie de
fréquences audio qui ne permet pas une période transitoire de double diffusion:
en analogique et numérique.
Dès l'automne prochain, certains émetteurs de télévision analogique seront
fermés pour ne plus émettre qu'en numérique. C'est ce que ZDNet.fr a appris au
ministère de la Culture, qui peaufine actuellement, avec le Conseil supérieur
de l'audiovisuel (CSA), le plan d'extinction de la TV analogique en France.
Ce passage au tout numérique doit être bouclée le 30 novembre 2011. À cette
date, les foyers français devront être équipés en TNT, câble, TV sur ADSL ou
satellite pour réceptionner les chaînes de TV, comme l'a fixé la récente loi
sur la télévision du futur. Un texte qui reste évasif sur le plan de migration,
d'où le travail en cours du CSA et du ministère.
TNT : technologie numéro 1
«Il n'y aura pas de coupure brutale», assure-t-on dans l'entourage de Renaud
Donnedieu de Vabres. «La priorité est d'abord de veiller à ce que la TV
numérique soit accessible par l'ensemble des populations avant de fermer les
émetteurs en analogique.»
La première technologie pour recevoir le numérique est la TNT. La télévision
numérique terrestre couvre aujourd'hui environ 70% de la population. L'objectif
est d'atteindre les 85% à la fin de l'année 2007, et 95% d'ici à 2011. Pour les
5% restants, le gouvernement veillera à ce que leur soit proposé au moins une
offre équivalente par le satellite.
Le groupe Canal Plus a déjà répondu à l'appel du gouvernement: il proposera
dès le 15 juin un accès gratuit par satellite aux 18 chaînes de la TNT (bouquet
TNTSAT). Les utilisateurs devront s'équiper d'un décodeur spécifique. «Il n'y a
pas d'exclusivité pour Canal Plus», souligne-t-on au ministère, qui attend
d'autre acteurs.
Dans une moindre mesure, le gouvernement compte aussi sur le développement
du câble et de la TV sur ADSL.
Une migration plus ou moins brutale selon les zones
S'il se déclare favorable à un basculement progressif, le ministre de la
Culture n'envisage pourtant pas de loger toutes les zones à la même enseigne.
Premier cas de figure: le moins brutal, qui concernera la majorité de la
population et débutera en mars 2008. Les émetteurs TV basculeront au numérique
avec une période dite de «recouvrement», durant laquelle les programmes
continueront d'être diffusés en analogique et en même temps en numérique.
À l'issue de cette période, qui devrait durer «plusieurs mois», les
émetteurs ne diffuseront plus que des programmes numériques. Un principe qui
rappelle celui du passage du franc à l'euro. Les consommateurs seront prévenus
neuf mois avant la fermeture des émetteurs à l'analogique.
Dans le second cas de figure, plus brutal, le basculement se fera sans
période de recouvrement et débutera à l'automne prochain. Certaines zones ne
disposent pas de ressources radio suffisantes pour pouvoir émettre les
émissions parallèlement en numérique et en analogique. C'est le cas, par
exemple, des zones frontalières où le spectre hertzien est partagé avec des
pays voisins. «Dans tous les cas, le basculement sera annoncé plusieurs mois à
l'avance par des campagnes d'informations locales», assure-t-on au ministère de
la Culture.
Les différentes zones de basculement, qui ne correspondront pas aux régions
administratives, n'ont pas encore été définies.