Football : La Beaujoire submergée par la vague de la protestation L'au-revoir de la Beaujoire à la L1 fera date. Trois minutes avant le terme d'un match sans relief, les supporteurs ont pris le pouvoir.
Raynald Denoueix et Vahid Halilhodzic, spectateurs médusés du dernier match de Ligue 1 disputé à La Beaujoire avant au moins quatorze à quinze mois, ne se sont pas concertés. Et pourtant, l'un et l'autre se sont rejoints dans le commentaire laconique qu'ils ont fait des incroyables événements survenus samedi soir : « La seule chose que le FC Nantes n'ait pas perdue, c'est son public. »Réflexion pour le moins culottée parce que provocatrice, estimeront certains, enclins à ne retenir de l'invraisemblable fin de match Nantes - Toulouse que la conclusion inacceptable et pathétique d'une saison si piteuse qu'elle renvoie le club nantais à un étage inférieur qu'il avait quitté quarante-quatre saisons auparavant.L'envahissement du terrain est toujours une infraction au code sportif. Quand bien même il serait bon enfant et festif comme ont pu l'être les deux précédents que la Beaujoire a connus pour partager l'ivresse d'un 8e titre en mai 2001 et celle d'un maintien miraculeux en mai 2005.

La déferlante qui a pris source dans la tribune Loire, ce samedi, a été elle aussi bon enfant, mais elle a submergé la pelouse de la Beaujoire, alors qu'il restait encore trois minutes de temps réglementaire et quatre à cinq minutes de temps aditionnel. Alors oui, cette vague protestataire qui a renvoyé prématurément et définitivement joueurs et arbitres aux vestiaires mérite condamnation. Ce que la commission de discipline de la LFP ne manquera pas de faire. Outre une lourde amende, la perte du match par pénalité, la suspension du stade avec ou sans sursis, le huis clos prononcé pour un ou plusieurs matches de la saison à venir, tout est envisageable.Reste qu'au delà de cette appréciation réglementaire et répressive des faits, une autre lecture des événements est à faire. Quel étrange sentiment que celui éprouvé samedi soir ! Car la communion entre ces supporters envahisseurs, les quelque 27 000 autres spectateurs en tribune et les joueurs a été palpable. Comme l'a été la passivité des stadiers qui a pris des allures de tacite complicité.Les « envahisseurs » n'ont pas seulement cristalisé le rejet de l'état-major du FCNA. C'était le but de leur spectaculaire et condamnable manifestation, naturel prolongement de leur marche protestataire d'avant match, des banderoles exhibées et slogans scandés tout au long du match. Et de ce point de vue, ces supporters jusqu'au-boutistes ont réussi leur coup. Rudi Roussillon et Jean-Luc Gripond ont dû se sentir bien seuls dans leur tour d'ivoire, forts du seul appui de Serge Dassault, bailleur de fonds aussi silencieux que peu concerné. Seuls contre tous !Seuls contre les supporters et le public. Seuls contre les joueurs ! Seuls face aux salariés du FCNA ! Oui, c'est l'étrange impression laissée par les drôles d'événements d'un Nantes - Toulouse qui ne fera date que par son dénouement. Ces dirigeants isolés pourront-ils persister plus longtemps dans leur surdité ?Max FOUGERY. NANTES - TOULOUSE : Match arrêté à la 87e.Mi-temps : 0-0.29 000 spectateurs.Arbitre : M. Ruffray.AVERTISSEMENTS. Toulouse : Ebondo (33'), Sirieix (73').EXPULSION. Toulouse : Ebondo (33')NANTES : Heurtebis - Norbert, Cetto (c.), Guillon, Signorino - Saïdou, Vainqueur (Savinaud, 80') - Da Rocha, Payet (Pieroni, 35') - Keserü, Diallo (Oliech, 79'). Entr. : M. Der Zakarian.TOULOUSE : Douchez - Ebondo, Arribagé, Congre, Mathieu - Dieuze, Sirieix, Paulo Cesar, Emana, Battles - Elmander. Entr. : E. Baup. Ouest-France
Trois minutes avant la fin du temps réglementaire, comme une déferlante, une vague de supporters envahit la pelouse et converge vers la tribune officielle. Les supporters prennent le pouvoir... avec le soutien complice du public, la compréhension désarmée des joueurs et sous le regard passif stadiers.




